This Is Tomorrow, Now.

« Le futur est déjà là, il n’est tout simplement pas distribué uniformément »
William Gibson, 1999

Nous serons barbares.

Nous ferons notre shopping avec le « Don’t be evil » de Google™, le « Broadcast Yourself » de Youtube™, les « J’aime » de Facebook™, les recommandations de Pinterest™ et les conversations de Twitter™.

Nous laisserons l’« écologie computationnelle » de la vie moderne avec son extimité, sa réalité augmentée, ses objets connectables, ses données et son informatique ubiquitaire faire effraction dans les mots, les concepts, les systèmes de représentation et les modes d’existence.

Nous investirons les formes, pratiques et « objets »  à l’intersection des média de masse et des médiums artistiques traditionnels qui transitent des murs aux écrans et des écrans aux objets pour comprendre ce qu’ils (re)mettent en jeu à travers ces déplacements et ces traductions, comment les assemblages technologiques qui les composent participent de leur(s) esthétiques et ontologies propres et conditionnent leur mode de visibilité comme leur réception publique et critique.

Pour cela, nous replacerons la question des médiums et des médias au cœur du débat artistique. Nous replongerons dans le Continuum espace-temps du Pop à la suite de Lawrence Alloway et revisiterons des expositions manifestes telles que This is Tomorrow (1956), Software (1970) ou Net Conditions (1999) et des projets comme le Xerox Book (1970) de Seth Siegelaub.

À l’affut d’espaces improbables à investir et de collisions radicales, nous inviterons dans nos controverses Don Draper, le sociopathe de Mad Men et le « réalisme capitaliste » de Mark Fisher, le  «Deep Queer South » de True Blood et l’afrofuturisme de Sun Ra, les « dispersions » de Seth Price, les géographies invisibles de Trevor Paglen, les sous-textes porn de Paul Chan, la boulimie de Slavoj Žižek, MetaHaven, Andrea Fraser et d’autres inattendu(e)s en compagnie de PowerPoints requinqués, de GIF animés, de JPEGs insolents, d’archéologues des médias et de quelques autres working dead.

Et nous verrons pourquoi et comment ce que l’on appelle l’autonomie d’une pratique artistique peut se constituer à travers son hétérotonomie lorsqu’elle décide d’embrasser la culture de masse et tout particulièrement celle de la grande distribution Internet.

Bref, nous entrerons dans le ventre du dragon.